Parkinson 2007

 

Interview

par Michael Parkinson lors du Parkinson Show du 19 Mai 2007

Traduction Frédérique


Dans l’émission de cette semaine George Michael parle de son retour sur scène après 15 années d’absence et son impatience à être le premier artiste à se produire dans le nouveau stade de Wembley.

Michael: Maintenant mon premier invité est un auteur interprète qui a vendu 85 millions de disques dans le monde . En Juin il sera le premier artiste à se produire dans le nouveau stade de Wembley en stipulant qu’il ne conduit pas là bas. Mesdames et Messieurs, George Michael. (Applaudissements, acclamations)

Michael: Ils vous aiment finalement !

George: Oui, c’est gentil n’est ce pas ? et leurs familles ne sont pas là en plus ce soir ! (rire)

Michael: Pour résumer ces derniers temps : aujourd'hui le tribunal de Brent, demain le stade de Wembley (rire).

George: Oui , exactement ! en fait je pense qu’ils ont changé de tribunal parce que celui de Brent est littéralement de l’autre côté de la route de Wembley arena , n’est ce pas ?

Michael: Vraiment ?

George: Je crois , oui. Mais ils l’ont changé. Je crois que je devrai retourner à Willesden.

Michael: Il y a beaucoup de choses qui se disent là-dessus, n’est ce pas ?

George: Qu’est ce qui se dit vraiment, je ne suis pas vraiment autorisé à dire grand-chose là-dessus.

Michael: Je sais que vous ne pouvez absolument pas parler de ce dossier particulier.

George: Croyez moi, je voudrais bien , vraiment . Vous me connaissez !

Michael: Mais vous avez plaidé coupable.

George: Oui, j’ai plaidé coupable parce que j’ai fait quelque chose de stupide. Vous savez, j’ai été vraiment soulagé de prendre mes responsabilités.

Michael: Qu’est ce que vous voulez dire ?

George: Pour être honnête , sans essayer de me décrire comme un saint, j’ai vraiment vécu ma vie de la façon dont on m’a élevé, de la façon dont ma mère voyait les choses, notamment la pire chose que je puisse faire serait d’être sans considération envers les autres. J’ai à peu prés mené ma vie comme cela et j’ai compris que je m’éloignais de ça, il y a des choses qui seront évoquées au tribunal dont je ne peux parler maintenant.

Michael: Mais il reste l’éventualité de vous trouver dans une situation , après le jugement, dans laquelle il ne vous sera pas possible d’aller en Amérique, qui remettrait en cause votre visa . Avez-vous réfléchi à cela ?

George: Bon, vous savez, j’ai réservé une tournée américaine. Ce serait vraiment triste, la tournée est réservés, je ne pense pas que ça ait été déjà annoncé mais ce serait vraiment triste de ne pas pouvoir le faire. Mais j’espère que ce ne sera pas le cas, c’est tout ce que j’espère.

Michael: Quand vous regardez en arrière, vous parlez de ce modèle de conduite, y-a-t'il une raison , presque involontaire, qui vous pousse à attirer l’attention ?

George: Je devrais me poser la question, n’est ce pas ?

Michael: Vous le faites .

George: Je sais que j’ai une tendance très auto destructrice ;depuis que ma mère est morte, je dois être honnête, c’est devenu très clair . Je crois que c’est une des raisons pour lesquelles je ne prenais pas soin de moi mais la réalité était que c’était un problème qui était là depuis des années et la réponse à ce mal a été des médicaments prescrits, il est très difficile ensuite de s’en passer et quelquefois les effets secondaires de ces médicaments ne sont pas bons mais vous devez faire avec et je crois que je n’y arrivais pas. Alors je crois finalement que j’ai été irresponsable d’accepter une situation qui me donnait des insomnies constantes, je peux dire cela même sans parler des médicaments. Je veux dire, qu’ils vont surement me retirer mon permis de conduire parce que j’ai plaidé coupable.

Michael: C’est une certitude, c’est sure.

George: C’est sure, oui, mais en toute honnêteté je n’avais pas d’autorisation l’année dernière parce que je ne bougeais pas de la maison car il y avait des gens autour de la maison, des caméras en permanence alors vous savez je m’en suis déjà passé pendant un an.

Michael: Il y a une déclaration que vous avez faite, après le tribunal, vous avez dit « il y a ici des personnes qui voudraient que je passe un sale moment « qui sont-ils ?

George: Les médias, vraiment .

Michael: Oh les médias.

George: Les médias, oui.

Michael: Uniquement les medias ?

George: Oui je le crois. Je pense sincèrement que mon public n’a pas vraiment envie de me voir traverser une sale période. Si j’ai vu les photos que j’ai vu dans les journaux et lu ce que j’ai lu dans les journaux je penserai probablement quelque chose comme « il faut faire quelque chose » mais la vérité c’est que les médias font ce que les médias font et que les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent être .

Michael: Mais vous savez que les médias vous cherchent.

George: Oui je le sais.

Michael: j’ai l’impression que ce qui se passe George, c’est que vous vous mettez vous-même en situation d’otage. Ce que je veux dire, il y a une phrase d’un magazine gay « le plus grand crime de George Michael se trouve plus dans sa grande gueule que dans ce qu’il a dans le pantalon » Ca doit être difficile pour vous certaines fois car vous êtes direct.

George: Je pense que je fais partie d’une génération, mais la plupart de ceux de ma génération n’ont plus de couilles . Je pense qu’on leur a dit que c’était normal, en tant que musicien, de dire ce qu’on pense et maintenant nous sommes dans une époque où ça ne l’est plus et les gens essayent de retourner à des valeurs familiales comme si certaines choses qui se sont passées entre les années 1960 et les années 1985 n’avaient pas existées et une de ces choses a été l’introduction dans la production intellectuelle de marijuana. Et vous savez que si nous nous asseyions ici avec un certain nombre de policiers et de docteurs, ils vous diraient tous que si tous les dépendants à l’alcool devenait dépendants à l’herbe, le monde serait un meilleur endroit où vivre.

Michael: bien, serait ce parce qu’il est prouvé que cela a un lien avec la dépression ?

George: Oui, un lien direct sur les jeunes.

George: Ce que je veux dire c’est que personne n’est jamais rentré défoncé chez lui et a frappé sa femme, c’est ce que je veux dire.

Michael: Beaucoup de gens dans le public ne seront pas étonnés que vous consommiez de la marijuana mais ce qu’ils pourraient regarder c’est votre apparition au South Bank Show en train d’allumer un joint.

George: Ce vous devez comprendre, il y a quelque chose dans le timing, et le timing doit être bon, ce que les gens n’ont pas réalisé , c’est que moi fumant à Madrid, qui avait été filmé avant que je me rende ridicule au début de la tournée mais c’est sorti après, ça a été filmé des jours avant que je le fasse et évidemment je ne l’aurai pas fait si j’avais su que j’allais tout bousiller encore une fois, je ne l’aurai pas fait !! (rires)
Mais vous savez, je ne vais pas mentir en disant que la drogue que j’ai choisi n’est pas la marijuana, parce que ca l’est, je ne bois pas, je bois rarement et je n’ai jamais rien en termes d’alcotest, croyez moi, en tant que George Michael, vous êtes arrêté au cours des années beaucoup plus qu’un simple citoyen et je n’ai rien eu d’autre que zéro pour l’alcool. Je ne vais pas prétendre que ce n’est pas la vérité. J’ai aussi dit que c’était une drogue terrible à certains moments de la vie, quand vous êtes jeune et que vous voulez réussir quelque chose, vous ne voulez pas quelque chose qui vous détende autant que ça. Ce n’est pas que je le préconise pour tout le monde, je ne veux pas dire qu’il ne faut pas en avoir peur, mais pour un homme gay de 43 ans, qui suis-je supposé influencer , vous savez, vraiment ! (rires)

Michael: Parlons de la tournée parce que ça se passe bien, n’est ce pas ?

George: Ca a été fantastique, vous savez quand nous en avions parlé l’année dernière, c’était juste une idée qui était en train de prendre forme mais ça a été le plus incroyable.

Michael: Et Wembley qui va arriver, qui va être spectaculaire, la première dans un fabuleux nouveau stade, savez vous combien de personnes seront là, est ce complet ?

George: Je ne suis pas sure car apparemment la scène prend pas mal de place mais il y aura beaucoup de monde et je suis si fier de l’inaugurer, c’est comme un rêve qui devient réalité et l’année dernière quand ils ne l’ont pas ouvert à temps, j’ai pensé que c’était la deuxième année d’affilée qu’ils disaient qu’ils ne le finirait pas, et l’année dernière, Robbie Williams et Bon jovi étaient en tournée et voulaient y jouer et quand j’ai entendu que ce n’était pas prés, quelque chose dans mon cerveau a fait « é–ƒmmm!' (rires)
J’ai beaucoup de chance car ces gens là ne seront plus en tournée l’année prochaine et moi peut-être «
Alors je me suis rapproché des directeurs de Multiplex , les personnes qui ont construit le stade et je leur ai dit je sais les gars que vous luttez contre le temps mais si vous me donnez le spectacle d’ouverture, je ne vous embêterai pas si vous avez du retard ou autre chose, je veux juste le faire dés qu’il sera ouvert, je veux que ce soit moi, et ils sont venus me voir en concert à Earls Court et peu après, ils ont dit oui, c’est un rêve, un rêve qui se réalise.

Michael: Les billets ont été vendus beaucoup plus vite que pour n’importe quel autre concert. Demandons nous pourquoi, regardons quelques images de votre tournée et voyons ce à quoi on peuvent s’attendre ceux qui iront à Wembley . (images de George en concert) (applaudissements)

Michael: Est-ce que tous vos démons disparaissent quand vous êtes sur scène ?

George: Oui c’est une chose bizarre, c’est l’endroit le plus nature sur terre pour moi.

Michael: Vraiment, c’est là ou vous êtes le plus heureux ?

George: Oui et depuis toujours, vous savez, si j’avais répété aujourd'hui avec six ou sept cameras, j’aurai été nerveux, c’est comme ça que ça se passe, mais quand je suis devant un public, c’est la chose la plus facile au monde pour moi.

Michael: Je crois que la question que beaucoup de gens aimeraient vous poser est, vous voyez ce qui se passe, vous voyez l’adoration, l’adulation, un jeune homme brillant, un homme à la fleur de l’âge, qui chante ici, un compositeur brillant et ils se demandent où est le problème.

George: Je n’ai pas de problème, en réalité le problème est que nous avons des médias très inquisiteurs et j’ai rencontré différentes sortes de couvertures en termes d’intérêt des gens.

Michael: Mais ils vous voient malheureux, ils vous voient arrêté par la police, ils voient ça , c’est la vraie question , quel est le problème que vous voyez ?

George: Mais cela suppose que je suis malheureux, n’est ce pas ; vous pouvez être arrêté et disparaître sans être malheureux ! (rires)

Michael: Mais ça ne peut pas vous rendre heureux, n’est ce pas ?

George: Non, je ne suis pas content de ça, mon dieu non ! l’année qui vient de passer, ces huit derniers mois , je dois le dire, pas à cause des médias, ça ne m’a pas aidé d’avoir des personnes dehors 24 heures sur 24, mais parce que je savais que j’avais fait quelque chose de mal et j’avais des informations très floues comme ; de quelle façon je devais aller de l’avant parce qu’on ne peut pas être testé pour l’insomnie, ou depuis combien de temps quelqu’un est-il réveillé mais j’avais fait trois concerts en 5 jours, j’ai 43 ans et je n’avais pas fait de scène depuis 15 ans et je peux dire honnêtement que cette année a été bien que très excitante l’année la plus stressante de toute ma vie professionnelle.

Michael: Mais regardez, au bout du compte, peu importe ce qui va arriver, rien ne changera dans la situation dont vous vous plaignez, les gens autour de votre maison, les médias et toutes ces choses . Vous devez vivre avec, n’est ce pas ?

George: Ben oui. J’y pense, pas les médias parce que c’est quelque chose avec laquelle il faut apprendre à vivre mais à cause de la réaction de certaines personnes par rapport à ce type de média, j’ai commencé à penser pour la première fois de ma vie que peut-être je ne devrai pas vivre ici, ce qui est …


Michael: Ou irez vous ?

George: Je pense en toute sincérité qu’il y a des endroits où je pourrai vivre et serai capable de revenir à la maison sans avoir à m’inquiéter de cette surveillance permanente , et je dois réfléchir sérieusement si mon amour pour mon pays doit me faire rester ou pas dans un endroit qui n’est pas bon pour moi.

Michael: Ok, avez-vous déjà pensé que ça pourrait arriver à un point ou vous partiriez d’ici, loin de votre carrière et loin de tout ?

George: Je ne pourrai jamais me passer de ma créativité, vous savez que c’est une évidence, je vais continuer à faire de la musique.
Je l’ai déjà dit, beaucoup de gens pensent que parce que la tournée a été triomphale que j’ai changé d’avis mais la musique que je ferai dans le futur sera pour les gens qui voudront venir la prendre gratuitement, et c’était le projet il y a deux ans et ça l’est toujours malgré ce qui s’est passé et maintenant il y a des personnes qui sont prêts à me payer pour des concerts privés, qui financeront ces enregistrements, parce que les enregistrements sont très chers, j’ai dépensé des millions, je pense que j’ai à peine remboursé mon dernier album parce que j’ai dépensé énormément pour le faire mais je veux toujours y donner autant d’attentions et d’énergie mais ça pourra être financé par des gens qui me font ressembler à un pauvre ! (rires)


Michael: J’aimerai les rencontrer ! (rires) Ok, de grands mercis pour être venu et avoir parlé si franchement et je vous verrai à Wembley, George Michael. (Applaudissements)