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Interview Kurt Loder

MTV

Kurt Loder

George Michael :  Listen Without Prejudice

 

Merci a Charles D.  de m'avoir envoyé cette interview et merci beaucoup a Frédérique pour la traduction.

           

Kurt Loder:  George Michael représente parfaitement le concept de la "star de la vidéo". "Né et élevé pendant ses 12 premières années sur l’ile de chypre, sur les côtes grecques" .  Michael, dont le vrai nom est GEORGIOS PANAYIOTOU,  est arrivé avec sa famille dans la banlieue de Londres dans les années 70.  (L'auteur anglais de ce passage a semble -t-il fait une grosse erreur, car george est bel est bien né en Grande Bretagne et y a toujours vecu avec sa famille)

C’est là qu’il rencontra Andrew Ridgeley avec qui il formera Wham!.  Un mélange de dance pop style Motown orientée  ado  bronzés, Wham! a été une des plus grandes réussites vidéo des années 80 en vendant des millions de disques dans le monde entier.

 

 

Mais  Michael avait en tête plus qu’une gloire d’adolescent. Et quand Wham s’est arrêté au plus fort de son succès en 1986, il a tout de suite montré qu’il avait le pouvoir de rester. Son 1er album solo, Faith, vendu à 14 millions d’exemplaires a gagné le Grammy award de meilleur album de l’année en 1987. Ca a aussi prouvé que Michael était un des plus doué de sa profession.

Maintenant, avec son nouvel album, Listen Without Prejudice, Michael s’éloigne encore un peu plus de sa gloire "vidéo". 

Avec trés peu ou pas du tout de pure pop sur cet album et son 1er titre n’a même pas de clip vidéo. Juste les paroles de la chanson , rassemblées par sa maison de disques. Est ce que les fans de la musique pop sont finalement prêts à écouter Listen Without Prejudice de George Michael ?  Il parie qu’ils le sont ....

           

Kurt Loder:  Je pense que l’impression principale qui ressort en écoutant cet album, c’est que vous vous sentez piégé par l’image que vous avez donné de vous pendant toutes ces années . Est ce que je l’ai bien interprété ?

 

George Michael: Je ne dirai pas "piégé" . Dire piégé voudrait dire que j’en ai été victime. Vous ne pouvez pas être victime de quelque chose que vous avez fait vous même. Je ne suis pas le genre d’artiste à me laisser pousser ou guider par des managers ou par des personnes autour de moi. J’ai choisi ma voie. C’est une des raisons pour laquelle l’album est comme il est. C’est le reflet de l’insatisfaction de la position dans laquelle je me suis mis moi même.

 

 

Kurt Loder:  Y a t-il toujours une tension entre être un artiste d’un côté et tout l’aspect showbizz de ce que vous faites ?

 

George Michael:  C’est ça. Je crois que ca a été une énorme tension pour moi. Mais je pense que cette tension a été amplifiée par le fait que j’ai connu le succès dans une décade particulière. C’était la première décade de la vidéo, des clips. En plus,  en commençant dans ce métier à 18 ans, j’ai completement adhéré à la vidéo. Cela signifiait que je n’avais pas trop à travailler pour faire des performances live. J’apprécie aussi beaucoup d’artistes qui ont eu du succès grâce aux clips. Je ne crois pas que les gens soient paresseux parce que tout le monde doit travailler dur. Mais en terme de création musicale, je crois que nous avons été un peu paresseux.

 

 

 

Kurt Loder: Pensez vous que vous même avez été aspiré par le star système d’Hollywood ?

 

George Michael:  J’ai toujours gardé mes distances par rapport à ma célébrité en Amérique. Parce que pendant que Wham montait, j’étais toujours une star britannique et je vivais en Grande Bretagne . Je le suis toujours. Mais ayant des vues sur un statut américain je suppose, quand je me suis mis dans le groupe que formait Madonna, Prince, Michael Jackson . Tout ce qui entourait Faith était dans ce but . Avec une réussite de cette envergure, j’ai réalisé que j’avais en quelque sorte atteint un objectif, je ne m’étais pas trompé mais j’ai fini dans la mauvaise pièce avec les mauvaises personnes .

Et nos objectifs étaient légèrement différents. Et si je continuais sur cette voie, je me serai vraiment rendu malheureux. Je dis ça aujourd'hui, c’est ce que je ressens . Peut-être que je reviendrai dans 5 ans .  Show business..

                                  

           

Kurt Loder:  Vous sentez vous concerné par l’issue de tout ça, à savoir ce qui a été écrit dans la presse : ça a commencé par Milli Vanilli , ils mimaient sur scène ? On peut peut-être le comprendre quand il y a beaucoup de danse et qu’on n’a plus le souffle pour chanter ? Est ce que vous avez remarqué ça et est ce que ça vous a inquiété ?

 

George Michael: Je l’ai remarqué souvent simplement parce que je suis un chanteur. Je ne dirai pas à quels concerts j’ai été et ou je l’ai remarqué . Je pense qu’il n’y a pas de mal avec ça . Pour l’industrie du disque qui a fait sa promotion à coups de vidéo et les ados sont habitués à ca, c’est vraiment hypocrite car ils se sont fait tellement de fric avec ces groupes . En d’autres termes, vous leur faites signer un contrat . Vous les faites connaitre non pas pour leurs prestations live mais pour leurs clips vidéo . Vous vous faites des millions et des millions de dollars en vendant leurs albums . Et puis après, vous faites style bof bof leurs prestations live ! Parce que de toute évidence, ils n’ont jamais été préparés à cela.

 

Kurt Loder: Pouvez vous vous imaginer être forcé à faire quelque chose comme ça ?

 

George Michael:  Non, je n’ai jamais mimé. Je n’en verrai pas la raison . Si j’étais un danseur fantastique, ce que je ne suis pas . Si j’étais un danseur fantastique, et si cela était une des raisons de ma popularité, peut-être que je serais tenté de mimer sur des chansons avec une méga chorégraphie.

 

Kurt Loder: Je me demance ce que vous pensez, en tant que britannique, de ce qui se passe ici avec Judas Priest, à qui on a fait un procès à cause des messages dans leurs chansons. Le sentence a été que les messages étaient bien là mais they are chance occurrences of sound.  Ils sont là. Est ce que cela vous semble complètement dingue ?

 

George Michael: Ca me parait surtout complètement ridicule. Quand vous parlez de quelque chose d’aussi extrême que le suicide, pour un parent de nommer un album et de dire que c’est la cause du suicide de votre fils, est complètement absurde. Et c’est assez évident que quand on en arrive au suicide , c’est que les parents ont loupé quelque chose à un moment donné. C’est une accusation tellement ridicule .

 

Mon opinion sur la censure est assez divisée. D’un côté, j’ai l’idée de l’auto censure . Je pense que c’est vraiment mauvais. Je pense que l’autocensure est une très, très mauvaise chose. Ou cela s’arrête-t-il ? D’un autre côté, la télévision et les divertissements en général refusent d’admettre leur influence sur les 3 ou 4 dernières générations. Et il est évident que les films et la télévision ont une influence directes sur les enfants.

 

Kurt Loder:  Etes vous familier avec 2 Live Crew records qui fait tant de bruit ici ? En avez vous entendu parler ?

 

George Michael:   Oui, j’en ai entendu parlé. Je pense que les gens doivent pouvoir dire ce qu’ils ont envie. J’aimerai que notre système de média et notre système d’information ne montent pas des histoires de success story sur des choses qui ne le méritent pas.

 

Kurt Loder:  A la base, vous n’êtes pas un admirateur de 2 Live Crew?

 

George Michael:  Non je ne suis pas un admirateur. Pas des tactiques de chocs en général vraiment. Mais je pense qu’ils ont absolument le droit de dire ce qu’ils veulent.

 

                                  

Kurt Loder:  Appréciez vous toutes les étapes de la musique noire ? Vous semblez être un fan de la musique noire . Etes vous aussi un fan de rap ?

  

George Michael: Je ne suis pas un grand fan de rap. Pour moi, c’est dérangeant. Je pense que le meilleur disque de rap pour moi est toujours le message. Ca résume bien ce que je ressens.

Je pense qu’il y a très peu de paroles de rap qui soient écrites de façon  I feel there are very few rap lyrics are either performed or written in such a way where you are drawn into the lyric anymore.

Je pense que c’est une forme de musique trés puissante. C’est trés représentatif de ce que ressent la communauté noire en ce moment. Mais ça ne veut pas dire que j’aime l’écouter.

 

Kurt Loder: Alors vous ne nous ferez pas un disque de rap ?

 

George Michael:  (sourires) Non. Ca serait vraiment terrible, je peux vous l’assurer.

 

Kurt Loder:   Avez vous été une fois dans votre vie, ce que nous appelons en Amérique "un enfant rock and roll" .  

Avez vous mis de la gomina, couru autour des guitares ?

 

George Michael: Non je n’étais pas ce genre d’enfant du rock. J’ai été une victime de la mode pendant 2 ou 3 ans. D’abord un soul boy ou je portais des salopettes en jean avec des tee shirts trés colorés. Puis j’étais dans les années 60 avec des Hush Puppies et des costumes des années 50. Et après, en nouveau romantique, ça a été de pire en pire en fait. C’était une période où les tendances étaient grossières et éphémères. Je pouvais juste suivre le mouvement si j’aimais vraiment quelque chose dans la musique. J’ai adoré la musique de toutes ces époques.

 

 

Kurt Loder: Vous allez commencer cette tournée par le Japon . Vous allez remonter l’histoire de la pop musique des 30 dernières années . Qu’est ce qui vous plait dans cette idée ?

 

George Michael: Premièrement, ce ne sera pas vraiment une tournée. Car ce ne sera seulement que quelques dates. Probablement 6 ou7 aux Etats Unis et quelques autres. Peut-être le Japon et Londres. Ce qui me plait c’est de rendre hommage aux auteurs interprêtes.

 

Kurt Loder:  Est ce que ce sera des versions radicalement différentes des chansons des autres ?

 

George Michael:  Je ne pense pas. On verra. C’est ce qui sera intéressant pendant les répétitions. J’attends cela avec impatience. En tant que chanteur, ça va être un vrai plaisir pour moi. Faire de la scène n’a jamais été plaisant pour moi.

 

Kurt Loder:  Vraiment jamais ? Vous n’aimez pas aller sur scène ?

 

George Michael:  De temps en temps. Parfois il y a une soirée ou ça fonctionne tellement bien que ça parait si facile . Mais presque à chaque fois que je suis allée sur scène, il y a peu, il y avait tellement de pression pour que tout aille bien que cela m’a gaché mon plaisir. Et je dois aussi admettre, ça peut paraitre étrange. Je n’aime pas particulièrement chanter mes chansons. J’en ai un peu assez.

 

 

Kurt Loder:  Il faut que je vous pose la question. Vous dites parfois que vous n’êtes pas prisonnier de votre image mais plutot que vous vous cachez derrière elle ? N’avez vous jamais eu envie de vous raser la barbe ?

 

George Michael:   Non. On dit que les personnes barbues ont toujours quelque chose à cacher.  They hit the nail on the head there.

 

Kurt Loder: Dernière question : Avez vous réussi à  trouver l’amour ?  Y-a-t-il quelqu’un qui compte ?

 

George Michael: J’ai formé un couple.

 

Kurt Loder:  Toujours bien d’être deux .

 

George Michael:  (sourires) Je ne voulais pas vraiment dire un couple. Je pense que c’est une partie de ma vie qui n’a pas été négligée mais pour laquelle je n’ai pas donné assez de force. Simplement parce que j’avais beaucoup d’autres choses en tête. Je crois que c’est une des choses qui changera.

 

 
 

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