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George Michael-Brian May.  Une conversation

 

retrouvez l'interview audio MTV et transcript anglais sur

http://www.georgemichael-tribute.com/GeorgeMichaelandBrianMay.html

Traduction de Frédérique le 08.07.07

 

John Norris :  Bien, de mon côté j’avais un doute sur le fait que ceci se reproduise à nouveau un jour.

 
 George Michael: Um mm
 
 John Norris: Ca fait un moment, comme on dit .
 
 George Michael: Um mm
 
 John Norris : et je dirai 2 ans et demi pour être exact depuis MTV

 
 George Michael: Depuis probablement l’interview avec Kurt Loder?
 
 John Norris: oui avec Kurt.
 
 George Michael: Um mm
 
 John Norris: à  Los Angeles.
 
 George Michael: Um mm
 
John Norris: Nous l’avions entendu comme beaucoup de gens, je supposais que vous ne vouliez plus   faire de la presse. Pour quelle raison avez vous changé d’avis cette fois ci ?

 

George Michael: Je veux que ce soit clair. J’ai pris certaines décisions il y a quelques années pour changer la façon dont ma carrière évoluait, en ne donnant pas d’interviews, en ne faisant pas de presse, en n’apparaissant plus dans mes vidéos, juste faisant ma musique  sans avoir à faire avec toutes ces choses. Je me suis tenu à ces décisions car elles ont radicalement changé ma vie et je suis trés satisfait de la façon dont elles ont changé ma vie.

 
La raison pour laquelle je donne cet interview est mon soutien au Phoenix Trust. J’ai essayé de soutenir le mouvement Red Hot and Dance l’année dernière. Ca a été complétement raté. Pour des raisons qui m’ont échappé. Et je crois que cette fois avec le CD five live, je vais essayer de compenser l’année dernière, mais je pense que c’est trés important que  ces titres soient entendus et je crois que cette interview peut faire une énorme différence pour ce cd ou mini album, peu importe comment vous voulez l’appeler. Et c’est pourquoi je suis ici. Ca ne changera pas mes habitudes. Je ne veux toujours pas être dans les vidéos. Je ne veux pas particulièrement qu’on m’interviewe. Je ne veux toujours pas être face à une caméra.

 

George Michael: Pardon ? ( Regards vers John)
Sauf pour vous. Oh, sauf pour vous. C’est comme ça. C’est exceptionnel pour vous et ce sont mes explications.

 
(On entend Calling you du CD Five Live)
  
John Norris: En plus des titres du concert en hommage à Freddie Mercury, il y a deux chansons, de la tournée  Cover to Cover Tour. C’est une association intéressante. Comment cette idée est-elle venue ?

  
George Michael: J’ai juste pensé que ça serait un meilleur package. Et que nous récolterions plus d’argent si nous mettions ensemble des choses de valeur, comme des lives que j’avais enregistré, car jusqu’à présent je n’avais aucune idée de quoi en faire, vraiment.

 

George Michael: Sur la version américaine de l’album. Nous avions fini l’album. Tout fait. Une oeuvre d’art. Compilé. Tout. J’étais dans l’avion de retour vers Londres pour terminer le montage des vidéos. Je me suis endormi. Cette chanson “Dear Friends” m’est venu dans la tête. Et c’était comme une chanson de 45 secondes. Qui était une chanson d’un album de Queen appelé "Sheer Heart Attack". Et les paroles étaient si appropriées pour ce projet. Je me suis réveillé de ce demi sommeil et j’ai pensé "mon dieu ce serait génial à la fin de l’album". J’aime cette idée d’entendre Freddie tout à la fin de l’album, et ces paroles collent parfaitement au contexte. Et je suis rentré à la maison.


Quand je suis arrivé à la maison et que je l’ai cherché, quelqu’un avait tout rangé. J’avais tout mes vieux albums vinyls par terre à la maison. Honnêtement, je les écoute rarement. Quelqu’un avait tout rangé et "Sheer Heart Attack", cet album était placé juste devant, ce qui m’a fait flipper. J’ai tout de suite appelé mon manager. Et je lui ai dit "nous devons le faire, il faut mettre cette chanson sur l’album". C’est comme si cela devait arriver. Les dernières quatre lignes vont dans ce sens :

 
 'Go to sleep and dream again
 Soon your hopes will rise and then.
 
From all this gloom life can start anew.
 And there will be no crying soon'
 
George Michael : Pour moi, si nous cherchions un remède ou si nous voulions retirer quelque chose de  tout ça, c’est la chose la plus positive et ce sont les mots de Freddie.

 

John Norris: (to Brian May) L’album, c’est quelque chose que vous avez envisagé après le concert ou c’est venu durant les derniers mois ?

 
Brian May: Non, je n’ai pas grand chose à voir avec ça. Je pense que c’est super que George veuille le faire. Non tout est venu de George. Il le fait pour une cause et ça c’est super. C’est bien car cela va refaire vivre ce qui s’est passé ce jour là. A tous les niveaux. Et les gens vont entendre la qualité de ce qu’il a fait,  ce qui est phénoménal. Il faut le dire.

 
(Clip de Days of our Lives)
 
John Norris: Un côté de la bannière que nous tenions à Wembley disait " la conscience du SIDA"

Etes vous satisfait que les gens soient venus pas seulement pour entendre de la musique de Queen chantée par...

 
Brian May: Oui. Je suis plus que satisfait. Absolument. Je crois que tout le monde s’est donné à fond, a fait beaucoup de bruit, c’était fabuleux. Il y a encore beaucoup de choses à faire. C’est incroyable. Même en Angleterre. Je trouve sidérant l’ignorance qu’il y a toujours. Et même dans les médias. Il y a toujours des gens qui disent" tu n’as pas à t’inquiéter si tu n’es pas gay" tu n’as pas à t’inquiéter si tu ne te drogues pas". Et c’est criminel. Et il y a des gosses qui meurent à cause de cette ignorance.

 

John Norris: Y a t-il eu un jour ou un moment où Freddie est venu vous voir pour vous dire "voilà ce qui se passe" ?

 
Brian May: Oui, il y a eu un jour. Mais nous savions déjà ce qui se passait à ce moment là.

 
John Norris: Vous aviez bien compris.
 
Brian May: Oui. Il est venu et nous a dit "“vous savez ce contre quoi je me bats et c’est comme ça que je veux continuer". Il a ajouté qu’il voulait continuer à travailler normalement jusqu’à la fin et ne pas avoir la pression des médias sur lui. Car ça aurait été le cirque. Ca ne fait pas de doute en Angleterre. C’est encore plus mauvais avec le National Enquirer. Mais en Angleterre, c’est pire. Les derniers mois de sa vie ont été pourris avec ça de toute façon. Les gens campaient devant sa porte avec des téléobjectifs, pour regarder à l’intérieur. C’est dégueulasse ce qu’ils ont fait. Il disait " je veux ivre une vie normale". Je veux faire de la musique. Aidez moi si vous pouvez.

 

John Norris: (à George Michael) Je ne savais pas à quoi m’attendre quand j’y suis allé pour MTV. Mais je suis si content d’y avoir été. Et pour quelqu’un qui a couvert plusieurs de ces méga concerts à Wembley comme celui pour Mandela ou le Live Aid, bien sur, j’ai eu un sentiment différent cette fois là, était ce pareil pour vous ? (en parlant du concert pour Freddie Mercury)

 
George Michael: Pour moi, c’était le seul concert de charité qui était vraiment un evenement de charité auquel j’ai participé depuis le Live Aid, et qui a vraiment un caractère sincère. Je pense que les disques caritatifs, les evenements caritatifs ont un sens légérement différents ici en Amérique. Mais tout le monde en a marre d’écouter des gens ou de voir des célébrités se taper sur l’épaule en disant combien ils sont généreux ; en donnant leur temps, leur argent. Mais je ne les critique pas. Je crois que nous saturons la pop music avec les oeuvres caritatives. Et je ne pense pas que le public croit en les gens qu’ils regardent quand cela arrive. Mais je crois qu’il y a eu une immense affection pour Freddie, apparemment suffisante pour honorer sa mémoire.

 
Et beaucoup de ceux qui ont participé étaient vraiment de grands fans de Freddie. Cela fait une énorme différence. Tout le monde connaissait la moindre parole. Il y a eu un moment. Un instant qui m’a donné le frisson quand j’ai chanté "Somebody To Love" quand j’ai tendu le micro au public, ils n’ont pas seulement chanté la note mais ils ont descendu la note comme Freddie le faisait.

 

George Michael: C’était probablement le moment dont je suis le plus fier dans ma carrière. Je vivais un rêve d’enfant je suppose. Chanter une chanson de Freddie devant 80 000 personnes, c’était un mélange trés étrange de fierté incroyable et d’immense tristesse pour moi.

 
En toute honneteté, quand Freddie est mort, le jour suivant, ça m’a affecté beaucoup plus que ce que je pensais. C’était comme une partie de mon enfance qui disparaissait.

 
Je ne connaissais pas Freddie. Je l’ai seulement rencontré 2 fois mais il m’a eu tellement ému quand j’étais enfant. J’étais totalement fidéle à sa musique.  

 

Quand je pense à  Freddie, je pense à tout ce qu’il m’a donné professionellement. Chanter ces chansons, et surtout Somebody To Love, a été un sentiment effarant pour moi. Vraiment incroyable.

 
Même la semaine dernière, quand ils ont présenté la version définitive de l’album "five live" avec le logo Queen et il est marqué George Michael et Queen, pour moi c’est une chose incroyable. Un immense honneur. Mais je peux affirmer que ca a été la performance la plus agréable de ma carrière.

 

John Norris: (à Brian May) Les performances étaient spéciales. Y-a-t-il eu un temps fort ?

 
Brian May: Tout a été très fort. Bizarrement les répétitions ont été très mémorables aussi car c’était la première fois que nous faisions " We Are The  Champions" avec quelqu’un d’autre. C’était un sentiment très étrange. John, en particulier, notre bassiste, n’était pas convaincu que nous devions le faire depuis longtemps, à cause de ça. Parce qu’il ne se sentait pas à l’aise de le faire sans Freddie. Mais la qualité des gens que nous avions était si incroyable ainsi que leur engagement. Les sensations étaient fabuleuses, c’était fantastique.

 
Brian May: Les gens comme Monsieur Michael. C’était stupéfiant de travailler avec des personnes de cette qualité. Et de découvrir qu’ils avaient tant d’affection et de respect pour Freddie.  Et ce que nous avons fait et aussi ils étaient là pour de bonnes raisons et pour  la cause du SIDA.

Et nous avons été capables, grace à la façon dont Freddie a géré sa mort et de la façon dont ça a été rendu publique, nous avons pu faire passer beaucoup de choses que nous voulions faire depuis un moment? Pas seulement sur le Sida mais aussi parler de la peur des gens de dire qu’ils sont gay et tout le reste. En espérant que tout cela disparaitra. Je ne sais pas vraiment si ça disparaitra vraiment un jour. Mais nous pouvons avancer la dessus.

 

John Norris: Sur la question de la motivation de certains artistes qui ont participé au concert. Etaient-ils oui ou non vraiment engagés pour la cause et avaient-ils digéré toute la bigoterie associée si souvent au sida ?

 
Brian May: Bien, nous avons eu toutes sortes d’attaques sur la présence de Guns N Roses. A cause de l’opinion des gens sur ce qu’ils pensent. Mais mon avis et mon sentiment est qu’ils étaient le groupe le plus important qui soit là.  Si vous regardez d’un point de vue d’éthique. Grace à eux, à leur participation pour cette cause, des gens qui sont généralement associés à un côté macho, c’était plus fort que toute autre chose. Si nous avions réuni uniquement des artistes principalement gay, ça n’aurait rien voulu dire.

La meilleure raison se trouvait en face du groupe: un ensemble de personnes qui disait toutes :"regardez, c’est notre problème maintenant "


 John Norris: Pensez vous qu’il y a eu un meilleur artiste ?
 
 Brian May: Ne me faites pas ça, (souriant), ne dites pas ça.
 
 John Norris: Dont vous avez été le plus fier qu’il soit là ?

 
 Brian May: Je dois dire que j’ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec George Michael. Il a sorti le disque. Mais sans mentir et en toute sincérité, il a été une des plus grosses surprises de la soirée. Pas pour moi. Parce que je savais qu’il pouvait le faire. Je savais qu’il avait ça en lui. Parce qu’en plus de la grande pudeur qu’il a, un énorme controle, grande dynamique, il a un pouvoir énorme et à partir du moment ou il est entré dans la salle de répétitions pour "Somebody To Love", nous avons dit "Whoa!" Et dans l’esprit des gens, il s’est approché très prés de Freddie

Chaque personne qui est venu sur le projet a dit " maintenant je sais vraiment tout ce qu’il peut faire..."

Parce que personne ne pouvait le faire.

 
 

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