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Big Issue 2006

 

 

Traduit par Frédérique

Avec son 1er concert en quinze ans et l’extase qu’il engendre, GM ne laisse pas les « vilaines personnes » du métier l’écraser.
Célébrant ses 25 ans de musique, un des plus fabuleux chanteurs anglais parle à Alex Canfor Dumas de la célébrité, la notoriété et

Avant de monter sur scène à la fin de Novembre, pour son 1er concert à Londres à Earls Court, il était- ce qui parait surprenant  nerveux par rapport à la réaction du public. « Je pensais que ça allait être très londonien, un peu distant « m’a-t-il dit quand nous nous sommes vus le lendemain soir, avant son 2eme concert à Earls Court. Il n’aurait pas du s’inquiéter. Quand il a traversé les portes coulissantes et les lumières clignotantes ce 1er soir sur scène, la réaction du public était tonitruante et chaleureuse comme si ils avaient ensemble, gagné la coupe du Monde et trouver les bons numéros du Loto, tout cela le même jour.

Enfin, il était là " les dents étincelantes, élégance vestimentaire et lunettes teintées ... " La parfaite pop star à la voix immaculée était de retour, et nous invitait à sa fête très privée « Poussons les meubles et amusons nous » a-t-il suggéré au public. L’homme a commencé à nous montrer pourquoi il célébrait 25 ans en tête de l’industrie musicale. Il commença avec Flawless et la foule dansa avec lui alors qu’il les emmenait dans ses tubes passés. Faith, Freedom et Too Funky, ils étaient tous là tout comme I’m your man, qui a été une des meilleures chansons de dance des années 80. Quand il arriva à Careless Whispers à la fin du concert, il semblait amusé de voir que le public était déterminé à chanter plus fort que lui. Mais si beaucoup d’entre eux l’imitait avec une brosse à cheveux, ils connaissaient certainement mieux les paroles que George lui-même !

« C’était beaucoup d’amour, n’est ce pas ? » dit-il quand nous nous rencontrâmes le jour suivant. La tournée a emmené l’auteur compositeur à travers l’Europe et une grande partie du Royaume Uni et il a eu des retours doux de la part des fans et même des critiques. Mais c’est la réaction du public londonien qui semble l’avoir vraiment surpris et qui l’a touché « Je n’ai jamais ressenti autant d’amour sincère envers moi. C’est peut-être parce que mes fans sont plus âgés maintenant et qu’ils me connaissent mieux- qui sait ? Mais je sens qu’il y a quelque chose de très spécial entre moi et mon public " je peux sentir par leur énergie qu’ils sont des personnes très sensibles "

Michael n’était pas parti en tournée depuis 15 ans mais beaucoup de choses se sont passées entre temps, qui ont été très médiatisées. Il a souffert de deuils à 2 reprises, a perdu son 1er vrai grand amour Anselmo Feleppa d’une hémorragie cérébrale liée au Sida et sa maman d’un cancer. Il a fait un procès à sa maison de disques et a trouvé un nouvel amour avec un homme d’affaires texan, Kenny Goss. Il a fait les gros titres pour son coming out et a été critiqué pour rester reclus dans sa maison.
« Est-il devenu un reclus ? » se sont exclamés les tabloids en même temps que la presse étouffait son enthousiasme à sortir au magasin du coin ou ailleurs (en campant devant sa maison). Et bien sur, il a du faire avec d’autres gros titres à sensation.

« Quand les journaux ont lancé leurs attaques homophobes sur moi, ou ont écrit de la merde » je me disais : Pourquoi moi ? dit Michael « mais j’ai réalisé que j’étais assez fort pour retourner la situation à mon avantage, parce que si tu as du succès malgré cela, tu gagneras toujours «
En fait, je pense que les gens qui m’ont attaqué cette année voulaient m’empêcher de monter sur scène. Il y a tellement de mauvaises personnes dans ce métier et ils n’ont aucun respect pour les personnes qui les font vivre.

Il y a 13 ans, George Michael est allé au tribunal assigner sa maison de disques Sony Music Entertainment. C’était David contre Goliath, qui voulait se libérer de ces négriers n’ayant aucun respect pour son talent musical et pour la direction qu’il voulait prendre. Dans un premier temps, le Juge avait été en faveur de Sony mais finalement Michael a eu le dernier mot en prouvant, s’il était nécessaire, qu’il n’était pas quelqu’un que l’on pouvait prendre à la légère.

« Je crée de la musique, ce qui est quelque chose de totalement positive à faire » mais je travaille également dans un secteur qui peut être très négatif, c’est difficile de concilier les deux et c’est pourquoi j’ai eu beaucoup de problèmes durant ces années. Je pense que si j’avais accepté certaines choses, j’aurai eu encore plus de succès que je n’en ai eu »

Mais il est difficile d’imaginer encore plus de succès ou de célébrité que Michael a aujourd’hui. Le chanteur, pour qui le succès de Wham et sa carrière solo a été le tremplin pour beaucoup de membres de boys band, a parcouru un long chemin depuis l’époque ou petit garçon, attendait que sa mère vienne le chercher après un concert d’Elton John à earls Court. Pensait-il à l’époque, quand il faisait partie du public, que tout cela arriverait ? Nan, répond le chanteur. Je pensais « un jour, je prendrai le métro tout seul ! Parce que, vous savez, je me rappellerai toujours cette vague de gens rentrer dans le métro et cela faisait partie de l’excitation. En parlant de ça, a-t-il seulement souhaité prendre le métro, maintenant, aux heures de pointe, comme n’importe qui ?
Non, rit Michael. Ma mémoire n’est pas si mauvaise. C’était vraiment économique mais c’était quand même atroce !

Demandez lui si la célébrité l’a rendu heureux et il réfléchit avant de répondre : ca a rendu ma vie beaucoup plus extrême mais ça ne m’a pas rendu heureux. Ca ne l’a pas été ni en 1984 ni en 1985 et je suis horrifié par ce que cela donne aujourd’hui. D’un autre côté, cela m’a amené tout ce dont j’avais rêvé, même plus. J’étais un enfant très anxieux et j’avais envie d’être connu et pour être honnête, je ne me rappelle pas ce que j’en attendais. De toute façon, je n’avais pas relié cette envie avec mes qualités innées, qui se sont développées à l’adolescence. Ce que je peux dire, c’est que ma musique, et l’accueil du public, m’a rendu heureux.

Mais il y a un autre aspect positif à être connu, c’est que les célébrités prennent tout pour acquis. « Ce que les gens oublient de dire sur la célébrité c’est que les gens qui vous accueillent sont aussi ceux qui vous sourient, vous voyez ce que je veux dire ?, souriant lui-même à cette phrase. Je veux dire, ne comprennent-ils pas que les gens sont habitués à l’indifférence, mais pas habitués aux sourires ?

Sa célébrité, l’a amené à travailler avec deux de ses idoles d’enfance, Elton John et Freddie Mercury . Et il a failli travailler avec une troisième « J’avais été invité à aller au studio de Stevie Wonder à 3h du matin » raconte Michael avec bonne humeur. J’ai essayé 3 fois de suite - j’étais resté sobre toute la nuit exprès  et à chaque fois que j’y allais, je l’ai manqué car il était rentré chez lui. C’est un homme adorable mais il a cette chose étrange, il ne prévoit rien avec les autres et comme il est aveugle, tout le monde le laisse faire. Mais il y a tellement à faire alors j’ai laissé tomber et à la place, j’ai enregistré mon duo avec Aretha Franklin » Sa collaboration avec cette légende de la soul a donné le tube « I knew you were waiting for me » en 1987.

Assis avec GM maintenant, juste une demi-heure avant son entrée sur scène, il est dur de croire qu’aller sur scène pour lui était si terrifiant. Il est détendu et charmeur et a l’air de beaucoup apprécier cette tournée plus que par le passé. « Je pense que je le fais de la bonne manière cette fois parce que je rentre chez moi après chaque concert. Quand j’étais en Europe, je revenais régulièrement et ça a sauvé mon équilibre mental. Je ne le faisais pas quand j’étais plus jeune parce que cela aurait couté trop cher. Maintenant, je quitte la scène, après avoir chanté devant 50 000 personnes  je file dans l’avion et je me retrouve à la maison avec Kenny et les deux chiens. Je suis vraiment le cancer typique : je ne peux pas rester loin trop longtemps.

Malgré ses 25 ans de succès, il a les pieds sur terre. IL relativise car c’est si facile de penser qu’on a quelque chose de spécial quand on reçoit autant du public. C’est en même temps un privilège et il ne s’en rendait pas compte plus jeune.

A 10 minutes de son entrée sur scène, George quitte le fauteuil de maquillage pour me raccompagner, passer les barrières de sécurité et je me retrouve à l’arrière de la scène : je peux sentir l’électricité dans l’air, l’impatience du public et je jette un œil pour me rendre compte de ce que peut voir le chanteur : il y a des milliers et des milliers de personnes ici et c’est terrifiant !

 

 
 

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