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AUTOBIOGRAPHIE 1990

George Michael et Tony Parsons

 Traduction francaise : Frédérique

MORCEAUX CHOISIS

 

Préface par George

 

 « Mon nom est Georgios Kyriacos Panayiotou. Pour le monde extérieur,  je suis et serai toujours connu comme quelqu'un d'autre, mais ce n'est pas mon nom. »

Chapitre 1 – 1990 –

 

George

 

« Je garde la célébrité dans une petite boite et quelquefois je la sors et je l'apprécie. Je ne pense pas que l'on puisse supporter plus qu'un certain niveau de vedettariat, sinon cela commence à vous affecter - pour les personnes qui vous entourent aussi - de façon très triste. La raison pour laquelle j'ai du succès est parce que j'ai un don-mais il n'est pas indestructible et je dois le protéger.

 

Mon attitude sur scène, cette espèce d'arrogance c'est comme mettre certains vêtements sur moi. C'est exactement pareil quand je sors, c'est faire semblant. Dans la vie, c'est un mécanisme de défense. Sur scène, c'est un mécanisme de spectacle. Parce que la personne dans les vidéos n'existe pas vraiment. Le compositeur oui. Et les chansons existent. C'est ce qui est réel. »

 

Shirlie Holliman

 

« George Michael est quelqu'un qui a été fabriqué, ce n'est pas quelqu'un que je connais. »

 

Chapitre 4 – 1975-1977

 

George

 

« Yog - c'est comme cela que mes amis et ma famille m'appellent - vient d'Andrew. Il était chez moi et a entendu mes sœurs et ma mère m'appeler Georgios - Yorgos - qu'elles raccourcissaient en Yorg. De retour à l'école Andrew a raconté que c'était vraiment drôle à la maison, que tout le monde m'appelait Yog, comme Yoghourt ! Alors on m'a appelé Yoghourt souvent aussi. Mais la plupart de mes amis, à cause d’Andrew, ont fini par juste m'appeler Yog. »

 

Chapitre 5 – 1978 à 1980

 

George

 

« J'étais nul comme danseur mais Andrew et moi avions inventé ces chorégraphies que nous faisions dans la discothèque de l'école. Je devais avoir 14 ans - je venais juste d'avoir mes premières lentilles de contact - . J'ai mis mes lentilles et j'ai réalisé tout à coup que je n'étais pas Quasimodo. J'ai commencé à être invité à des fêtes. Avant cela j'étais juste le garçon avec un sens de l'humour moqueur et que tout le monde aimait bien mais qu'on ne pensait pas à inviter puisqu'il n'arriverait pas à se trouver quelqu'un. Puis j'ai eu mes lentilles de contact. L'ophtalmologue n'arrêtait pas de dire, il est trop jeune, il est trop jeune mais je les voulais tellement ... »

 

Chapitre 6 – 1981 –

 

George

 

« Ce n'était pas l'époque de l'optimisme comme cela l'avait été mais il était facile pour nous d'être positif pour le futur. Ce que je veux dire, c'est vrai - cela convenait à Andrew d'être au chomage parce qu'il vivait toujours chez ses parents et c'était un fainéant qui ne voulait pas sortir pour chercher du boulot. J'avais deux jobs et je travaillais dur, mais je ramenais 70 livres par semaines à la maison, ce qui était comme un rêve devenu réalité. Je donnais 25 livres à mes parents et le reste était pour moi.ET je n'avais pas d'autre souci. J'étais indépendant. Je savais que si quelque chose de vraiment dur arrivait à la maison, je pouvais subvenir à mes besoins.

J'avais 18 ans et je trouvais que la façon dont les médias représentaient les garçons de mon âge était très négative. Il y avait des choses qui n'allaient pas en termes de chômage et il y avait des émeutes mais les médias donnaient l'impression que tout était sans espoir et qu'on ne devait même pas essayer de s'en sortir. 1981 a été l'année ou j'ai commencé à travailler. Et cette année là a probablement été l'année la plus heureuse que je n'avais jamais eue.

Andrew, ayant été d'une certaine façon, un enfant star (à l'école), était impatient de l'être en tant qu’adulte. Je me voyais clairement dans quelques années comme un musicien essayant de percer. Je ne voyais rien arriver avant .Je pensais que j'allais quitter l'école, avec un peu de chance faire quelques sessions de travail, je ne pensais pas qu'il faille se précipiter, je savais que je devais attendre. Comme tout le monde. Mais Andrew était impatient d'y arriver. IL poussait dans ce sens. Quand il fallait vraiment travailler, c'est moi qui poussais. Il n'avait pas une grande capacité de travail ! Mais toute l'énergie pour y arriver, tout cela est venu de lui. »

 

Shirlie Holliman

 

« Quelques semaines après avoir rencontré Andrew, il m'a amené voir George. Il n'était pas à son meilleur avantage à l'époque! Mais il y avait une confiance et un charme incroyables qui émanaient de lui. J'ai pensé "oh mon Dieu j'ai rencontré deux personnes si gentilles" Et il y avait un équilibre incroyable entre tous les deux parce qu’Andrew était si exubérant et George si sensible. Mais ce n'était pas flagrant. C'est quand on les connait vraiment tous les deux qu'on réalise que George est le plus équilibré et celui qui dirige tout. »

 

Chapitre 7 – Janvier à Juin 1982 –

 

George

 

« Je ne me rappelle plus combien de temps ça a pris mais j'étais assis dans le séjour de David Austin et j'ai dit "j'aime bien le nom de ton père Michael Mortimer. J'adore Michael et le frère de mon père s'appelle aussi Michael. Alors que penses tu de George Michael ?" Je pensais que c'était un joli nom. Ca roulait sur la langue et je n'abandonnais pas totalement le côté grec. Je ne laissais pas tomber le côté grec entièrement, même si beaucoup de gens ont fini par croire que c'était un nom juif. Beaucoup de personnes maintenant m'appellent George Michael. C'est comme Bruce Springsteen. Et David a dit «j’aime ce nom, je veux être ... Mais je l'avais décidé et j'ai été immédiatement convaincu que ça sonnait bien, et je n'y ai plus pensé du tout. »

 

Chapitre 8 – Juillet à Décembre 1982

 

Andrew

 

« George ne pouvait pas supporter l'idée que quelqu'un couchait avec lui à cause de qui il était et de ce qu'il était. Mais quand vous arrivez à ce niveau, vous êtes ce que vous voulez représenter. Il est impossible de séparer l'image de la véritable personne. Peu importe ce que vous voulez représenter, c'est une partie de vous. Si quelqu'un est attiré par ça, elle est forcément attirée par vous. C'est comme ça que j'ai choisi de le voir. Et si George pensait qu'on l'utilisait, que faisait-il là alors ? C’est quelque chose qui va dans les deux sens. A la fin de la journée,  ils ont ce qu'ils veulent et vous avez ce que vous voulez. Je ne crois pas que l'on puisse pleurnicher en disant " elle ne me voit pas pour ce que je suis réellement " et toi pourquoi la vois-tu ? »

 

Shirlie Holliman

 

« Le succès a changé Andrew en premier. George est resté tranquille plus longtemps pendant  qu'Andrew a pensé tout à coup "la vie des riches et célèbres" et il est rentré à fond dedans. George était plus réservé, toujours un peu à l'écart de tout ça. Mais George est une des personnes les plus secrètes que je connaisse alors je ne sais pas vraiment ce qu'il ressent le plus souvent. C'est quelqu'un qu'il faut pousser pour qu'il laisse sortir quelque chose, sinon il dira toujours " c'est ok, je m'en sors". Il est très conscient de la vie des autres, toujours en train d'analyser ce que les gens font. Nous avions l'habitude de parler de tout. Si il n'avait pas été musicien, il aurait pu être un journaliste dans la rubrique du courrier du cœur. »

 

Chapitre 9 – Janvier à Juin 1983 –

 

Jazz Summers

 

« Mais je savais - c'est le seul groupe pour lequel j'ai pensé oh mon dieu je les sens bien, je les comprends totalement - Je me rappelle avoir vu George à Top of The Pops - c'est George que j'ai remarqué pas Andrew - et j'ai pensé ce gars est fantastique. Ses yeux, son nez, sa bouche, son corps, tout traversait l'écran comme s'il disait "c'est mon tour maintenant " »

 

 

Chapitre 10 – Juillet 1983 à Avril 1984

 

George

 

« J'essaye toujours de tirer le meilleur de n'importe quelle situation. Je suis un optimiste. Je crois que ma force a toujours été dans le fait que je suis persuadé que l'on m'a fait comme un cadeau, une espèce d'armature très solide qui permet de me tirer de toutes les situations. Je dois être honnête : Dés que le groupe a réussi à mettre un pied dans le milieu, je n'ai jamais douté un seul moment que je ne serai pas là où je suis aujourdhui. Je ne veux pas dire "au sommet" mais je ne me suis jamais vu autrement que comme un musicien très célèbre. Je ne suis pas une personne arrogante, je ne suis pas particulièrement prétentieux mais j'ai une confiance en moi qui me dit que c'est ce que je devais faire et malgré les autres faiblesses que j'ai, je suis quelqu'un qui a du talent et des capacités. A cause de cela, je ne laisse rien me submerger. Je suis réellement quelqu'un d'optimiste et je crois que ce que je fais est une bonne chose qui a une influence positive. »

 

Chapitre 11 – Mai 1984 à Mars 1985

 

George

 

« Je pense que "Go Go" est sans aucun doute la chanson de Wham dont les gens se rappellent le plus - Parce que c'est celle qui est la plus STUPIDE. Je regarde toujours la vidéo et elle est parfaite pour cette chanson. Vraiment pop,  très colorée, ca représente vraiment toute cette période. Mais même si ça fonctionne bien en tant que clip, ça me hérisse par rapport à moi. Parce que ce que j'étais à l'époque et ce que je suis maintenant - l'un des deux est un imposteur. Mais j'étais vraiment dans le trip d'entendre des cris sur mon passage - j'étais très jeune et je ne peux pas dire que mon égo n'en avait pas besoin. J'étais tellement dedans que je n'avais pas réalisé combien ce serait difficile de passer de l'autre côté, d'être celui qu'on écoute au lieu d'être celui sur qui on crie .Je pensais juste que je pouvais avoir ma part du gateau et je voulais la prendre ! Et je me disais que j'aurai juste à attendre pour autre chose.

 

On ne peut pas gagner avec les médias car ils n'ont d'intérêt sain pour personne. On joue le jeu, et on connaît cette excitation d'être en première page, puis on paye pour ça plus tard. Et toute l'explosion par rapport à la presse est arrivée avec "Go Go" »

 

Shirlie Holliman

 

« Andrew peut être très enfantin. Mais je ne crois pas que George ait jamais été jeune. Il a toujours eu un esprit plus vieux, il a toujours semblé trop mur pour son âge. Je ne peux imaginer comment il sera à 40 ans. George n'a jamais été jeune. »

  

 

Chapitre 12 – Avril 1985 à Décembre 1985

 

George

 

La raison pour laquelle je suis allé en Chine était parce que je trouvais cela fascinant mais surtout parce que je serai le premier. C’était vraiment pour satisfaire mon ego, l'idée d'être le premier à amener ce type de musique là bas. J’ai pensé que l'on ne pouvait refuser cela. Pas pour faire de nous un groupe plus connu car ça marchait déjà très fort en Europe et en Angleterre et ça commençait à décoller en Amérique, peut-être que Simon le voyait comme ça. Je suis heureux que nous l'ayons fait, c'était une chose fantastique à faire - mais en fin de compte, ça a été de la propagande pour le gouvernement chinois et de la publicité pour nous, rien de plus -

 

Ce que j'ai retenu de cette expérience est que nous étions les premières, et surement les dernières personnes à nous produire là bas et l'idée d'introduire une culture jeune en Chine était géniale. Mais quand nous étions là bas, ils ne nous ont laissé rien faire, et au public non plus. C'était assez triste tout ça.

 

Simon Napier Bell

 

George n'avait pas envie de faire une de ces tournées sans fin, comme l'on fait en Amérique. George déteste la presse, il déteste être photographié, il ne veut pas faire d'interviews à la radio. Tout ce qu'il faut faire pour exploser en Amérique, il n'était pas prêt à le faire. Alors j'ai du réfléchir à autre chose alors j'ai pensé - le premier groupe à se produire en Chine -

 

Shirlie Holliman

 

Je ne pense pas que ce soit bien d'être allé en Chine. Les gens là bas sont tristes, ils veulent la liberté mais ils ne sont pas autorisés à l'avoir et nous leur avons donné un aperçu de ce qu'ils ne peuvent avoir; c'était horrible, un garcon a été sorti du concert et frappé.Ca ne serait pas arrivé si nous n'étions pas venu. C'était si triste. Je voulais juste rentrer à la maison.

 

George

 

Le "Live Aid" était fantastique car tout était authentique et sincère, du côté anglais en tout cas. On a beaucoup parlé des disputes qu'il y a eu à Philadelphie mais ici en Angleterre les groupes anglais étaient si nerveux qu'il n'y avait pas de chamailleries ni de discussions sur l'ordre, les emplacements, tout s'est bien passé. J'étais conscient qu'après le Live Aid, je serai perçu comme un chanteur solo... J'étais nerveux comme jamais. Je n'avais jamais chanté devant un public indifférent, toujours devant un public qui venait pour moi, ou pour nous. Je savais qu'avec le Live Aid, j'allais être jugé différemment. Plus qu'autre chose, cela montrait que les gens voulaient que je fasse quelque chose seul, pour pouvoir dire qu'ils m'appréciaient. Tout le monde s'est emballé sur ma performance, que je trouvais franchement très moyenne. Tout le monde a dit - Mon dieu, il a prouvé qu'il pouvait vraiment chanter - mais je trouve que ça n'avait rien de spécial. Mon interprétation de "don't let the sun go down on me " était très proche de celle d'Elton John et j'étais faux pendant le premier couplet. Je chante beaucoup mieux que ça sur mes disques et je ne vois pas pourquoi tout d'un coup tout le monde doit m'aimer parce que je suis là avec des musiciens qui ont le double de mon age et que je m'éloigne de mon ami. Je n'ai pas compris pourquoi ça devenait crédible. Le LIVE AID était bien pour moi mais la réaction des gens m'a contrarié. Ca m'a énervé.

 

George

 

Quand j'ai décidé de me séparer d'Andrew, j'étais en plein milieu d'une grave dépression. J'avais des problèmes personnels à ce moment là, j'étais à la fin d'une relation et j'étais très négatif sur tout ce qui faisait Wham!. Je me sentais piégé par beaucoup de choses.

Je peux dire que je n'ai jamais perdu mon calme jusqu'à l'âge de 22 ans. Et puis pendant une période de six à huit mois avant la fin de Wham!, je l'ai réellement perdu. Mais ça éclatait à des moments où ça n'aurait pas dù. Une fois j'étais avec Shirlie à la sortie du Stringfellows et ces deux photographes nous ont sauté dessus, leurs flashs nous aveuglant. J'ai attrapé ce gars et l'ai poussé contre le mur- ce n'est tellement pas moi, être macho n'est pas mon attitude normale - et ai commencé à l'insulter et à menacer de le tuer. L'autre gars a pris une photo juste quand je me tournais avec une expression très méchante sur mon visage. Le lendemain les journaux la publiaient en racontant que j'avais attaqué un fan et ce photographe de 35 ans avec son Nikon autour du cou disait "je n'achèterai plus ses disques"!

Une autre fois je me suis battu avec David Austin devant le Stringfellows à 3 heures du matin. Horrible ! C'est surement la chose la plus embarrassante que je n’ai jamais faite. La moitié des gens était dehors et nous regardait nous rouler sur cette voiture essayant de nous frapper. Merci Dieu qu'il n'y ait pas eu d'appareil photo dehors. Des choses comme ça sont tellement loin de mon caractère. J'ai explosé car David pensait que j'étais après sa petite amie. Je suis sure qu'il ne m'en voudra pas de raconter ça. Il en a une nouvelle maintenant ...

 

Une grande insécurité est apparemment ce qui motive beaucoup d’artistes. Et je peux le comprendre. Mais je trouve dangereux à un niveau personnel qu'il y ait un énorme fossé entre ce que vous êtes dans votre travail et ce que vous êtes réellement. La période pendant laquelle j'ai été le plus intimidé par mon personnage public, c'était quand j'étais dents blanches et shorts en soie pour Wham! , j'y croyais en tant que moyen de divertir le public mais quand j'arrivai dans une pièce plein de monde, ils avaient une idée fausse de ce que j'étais vraiment.

 

Chapitre 13 – 1986

 

George

 

"Careless Whisper" ne faisait pas partie intégrale de mon développement émotionnel. C'est triste parce que les chansons sont si importantes pour beaucoup de personnes.Ca me décoit de pouvoir écrire des paroles avec désinvolture - et pas particulièrement de bonnes paroles - qui peuvent compter autant pour tant de personnes. Ca enlève certaines illusions à un auteur. "A différent corner" était beaucoup plus vrai.

Je devais écrire quelque chose. Je devais le faire sortir et je l'ai fait en quelques jours. C'était la première fois que j'utilisais ma propre expérience et mes émotions pour une chanson. C'était totalement thérapeutique, j'ai complètement exorcisé cette partie de ma vie. "Careless Whisper" ne m'a jamais remué à ce point. Il y a beaucoup de gens qui connaissent "Careless whisper" mais ne savent pas qui est George Michael. J’ai rencontré ces personnes - vous êtes invités à un repas à la table de personnes qui ont le double de votre âge et quand on vous présente, on voit qu'ils sont un peu embarrassés. Puis quelqu'un dit "Careless Whiser"  et ils font le lien- "Careless Whisper" est plus parlant que mon nom. Ca m'a fait réaliser que cette chanson a sonné juste sur beaucoup de gens. Mais je ne la possède pas comme certaines autres de mes chansons. Surement pas de la façon dont je possède "A Different corner".

Le chagrin revient quand j'interprète ou quand j'entends celle-ci. Au début, je ne pouvais même pas l'écouter, particulièrement quand j'essayais de surmonter les émotions que je chantais. Beaucoup plus tard, j'arriverai à faire appel à ces émotions pour l'interprétation."A Different corner" est une de mes meilleures performances sur le Faith Tour parce qu'il était si facile de me rappeler ce moment de ma vie. C'est une méthode très étrange parce que j'ai réussi à trouver comment je dois faire pour retrouver ces émotions quand je suis sur scène mais seulement à un certain niveau. Parce que j'ai essayé d'aller au bout et je me suis aperçu que je finissais presque par pleurer, ce qui détériore ma tonalité et tout le reste. Alors j'ai trouvé ce système de repartir dans cette période de ma vie et en laisser une partie rentrer dans mon interprétation. Mais je ne peux laisser tout revenir sinon je ne peux plus chanter la chanson.

 

La chose principale qui me fout en l'air dans une relation est que ça me désaxe et ça perturbe complètement mon équilibre. C'est négligeable en termes de durée mais pas en terme d'impact. La principale raison pour laquelle ça ne marche pas est parce que je suis qui je suis et que je fais ce que je fais. J'ai déjà vécu cela avant - les gens sont intimidés, pas par moi mais plutot par la situation, par le fait que si ils me fréquentent, alors ils vont être perçus comme une pièce rapportée. N'importe qui m'attirera devra avoir une forte personnalité - et beaucoup d'entre eux ne sont pas du genre à se considérer comme une pièce rapportée- .

Ce qui m'emmerde c'est l'idée que c'est impossible à cause de moi. Ca me fait penser que quelqu'un me fait une énorme farce. J'ai tout ce que je veux, c'était la première fois que je tombais vraiment amoureux et on dirait que ça n'a pas pu marcher à cause de tout ce que j'avais déjà. Comme si quelqu'un me disait "tu ne crois pas que tu vas tout avoir ?!" J'ai ressenti cela pendant longtemps. Je me suis demandé comment ma vie allait retrouver son équilibre ? Ca a duré 2 semaines mais c'était suffisant. Je ne crois pas forcément au coup de foudre et à ce que ça peut vous faire. Même aujourd'hui, j'ai toujours le même problème. Toujours. C'est pourquoi, même en amitié, les personnes vers qui je suis attiré doivent être honnêtes et pas impressionnées. Et ces choses là deviennent de plus en plus difficiles à mesure que le succès s'étend et dure.

 

Il y a une différence très simple entre mes dernières créations  et "Freedom" ou "Go Go" et c'est parce que, une semaine avant "I'm your man" j'ai eu une super expérience sexuelle qui m'a fait penser que tout ce que j'avais vécu avant était asexué. "Edge of heaven" et "I'm your man" contiennent tous les ingrédients des chansons de Wham!, mais avec du sexe en plus. C'est la différence. Elles sonnent comme si elles avaient été écrites pour une personne et les autres comme si elles avaient été écrites pour tout le monde, pour le public.

" Edge of Heaven" est délibérément et ouvertement sexuel, surtout le premier couplet "je t'enfermerai mais je ne peux supporter de t'entendre crier pour qu'on te libère" et "tu sais que je ne te ferai pas de mal, sauf si tu le désires». J'ai pensé que personne ne ferait attention, parce que personne n'écoute les paroles des chansons de Wham!. Ca en était arrivé là.

 

C'était une période de ma vie où je buvais beaucoup et me sentait généralement usé. Peu m'importait si la journée était bonne ou pas - et elle était fantastique - tellement j'étais déprimé et si diminué. Je ne crois pas que j'ai repris le dessus même le jour du Final. Avec une véritable dépression, même si les instants étaient au sommet, il y a toujours une partie latente qui ne part pas. Quelquefois prendre du bon temps ne suffit pas.

J'ai vraiment beaucoup apprécié la journée et le concert mais en regardant les photos maintenant, je peux voir que quelque chose n'allait pas. Même Andrew. Je crois que nous étions inquiets tous les deux. Il est beaucoup plus marqué que sur les photos de l'année précédente. Il buvait beaucoup et faisait plein de trucs et il avait des soucis en tête, je suppose. Il y avait beaucoup de choses qui nous arrivaient à tous les deux.

Mais le Final lui-même était incroyable- c'était tellement important pour moi que je ne me rappelle de rien - Il y avait deux écrans géants qui ont tout enregistré et quand je regarde ça, c'est absolument incroyable - je n'ai jamais vu un public comme ça de toute ma vie. Pour personne. J'ai vu beaucoup de concerts ou les gens participaient mais la seule fois ou je l'ai vu à ce point c'est au Live Aid. Mais même là c'était différent  parce que tout le monde ne venait pas voir le même groupe. C'était si important pour moi que je ne pensais pas possible d'en profiter suffisamment. Je me suis déchiré un tendon peu avant la fin du show, ce qui a gaché la fin. C'est comme pour une finale de coupe quand ça se joue et les joueurs ne se rappellent de rien. Mais je sais, rétrospectivement, que c'était vraiment parfait. Le temps était parfait, les gens étaient parfaits,  les musiciens ont super bien joué. Tout s'est bien déroulé, tout ce qui s'est passé pour Wham! Semblait béni des Dieux et c'était la cerise sur le gateau.

Nous étions conscients que notre relation serait différente à parti de là car nous ne formerions plus un groupe. Je me rappelle être allé vers Andrew à la fête qui a suivi et l'avoir étreint très fort. Et nous nous sommes regardés et … sachant réellement ... c'était triste. Nous savions que peu importe ce qui allait se passer, peu importe de la façon dont nous resterions en contact, que tout serait vraiment différent. Et c'était très triste et très émouvant.

Mais malgré tout, je m'en rappelle comme d'une journée incroyable. Même quand je faisais semblant d'écrire comme pour "bad boys», l'amitié était toujours sincère et donnait à tout ça un degré d'honnêteté. Nous avions le sentiment d'être légèrement à part des autres à cause de cela. C'est ce que les gens aimaient le plus - ils pouvaient aimer les chansons mais la raison pour laquelle ça a si bien marché c'est parce que c'était basé sur quelque chose de vrai - notre amitié. Je n'aurai jamais pu le faire sans Andrew. Je n'ai jamais rencontré une autre personne dans ma vie qui était si parfait pour tout me permettre, qui a commencé comme une ambition très naïve, pour devenir ce duo immense mais qui était réellement ... moi. Je n'ai jamais rencontré personne d'aussi généreux pour laisser cela arriver. Il a tellement fait. C'était une de ces choses qui vous font juste penser que ça devait arriver. La plus grande chance que j'ai eue est d'avoir rencontré Andrew. Il a totalement façonné ma vie. Pas seulement ces années mais ma vie tout entière, et je ne lui enlèverai jamais ce mérite. Les gens l'ont mis plus bas que terre ... vous ne pouvez pas défendre quelqu'un autour d'une table en mentionnant qu'il a totalement faconné votre vie. Mais c'est ce que je ressens par rapport à lui.

 

La raison pour laquelle je suis restée loin de ma famille cette année là est parce que je ne voulais pas leur imposer cela. Je sais que si quelqu'un dans ma famille souffre, peu importe la raison, ça me fait plus mal que tout ce qui peut m'arriver personnellement. Je faisais bonne figure quand je les voyais, je suis très fort pour ça. J'essayais de ne pas leur montrer ce qui se passait dans ma vie, qui était  tout simplement  bousillée.

A l'automne 1986, j'ai changé d'avis sur la suite, la promotion, et jouer le jeu. J'ai senti que j'avais gaché pas mal de temps à m'apitoyer sur mon sort. J'ai décidé de tout refaire, mais cette fois ci, à mes conditions.

 

Chapitre 15 – 10/1987 à 12/1988

 

Andrew

 

Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi il a représenté cette image – le gars maussade et macho de Faith - . Ce n’est pas lui. Il n’est pas comme ça avec ses amis. Même si je pense que c’est une super image et qu’il a un look fabuleux, George loin de cette industrie et loin de la part visuelle de sa musique, est très différent.

 

George

 

Toutes les faces A ont été des tubes. Du point de vue de la qualité de l’album, je m’attendais à ce que ça marche bien. Quand nous l’avons compilé, j’étais très satisfait, j’étais même surpris moi-même par le ton que cela donnait. Mais ce que je n’avais pas anticipé, c’était l’efficacité du personnage vidéo. J’ai été surpris et content par la taille de ce succès. Je me rappelle mon manager en train de dire à quelqu’un avant que Faith démarre «  Il va être le plus grand artiste au monde après cet album ». Je me rappelle lui avoir dit « Calmes toi calmes toi, pour l’amour de Dieu ». Je ne m’attendais pas à ce que mon personnage soit aussi populaire en Amérique. Je m’attendais à vendre beaucoup d’albums, mais je ne me voyais véritablement si brillant pour aller au-delà de ça. La vidéo de Faith est l’image la plus forte de moi – le blouson, le jeans, les bottes – et je ne pensais pas être très loin de ma façon habituelle de m’habiller, pour que ça marque tant ! Je n’étais pas à l’aise avec l’ampleur qu’a pris cette image – parce qu’à la fin cela commence à effacer les raisons du succès.

Quand vous regardez les photos de l’album the Final, il y a 4 ou 5 photos et chacune d’elle montre un look différent. J’étais toujours un garçon qui essayait de trouver comment il pouvait être le mieux. Cheveux courts ou longs, blonds ou bruns, avec ou sans barbe ? J’étais toujours insatisfait, jamais en confiance. Et je ne ferai maintenant plus d’efforts pour changer.

 

Je suis devenu beaucoup plus cynique sur les bonnes causes maintenant ;  J’ai eu un horrible sentiment sur les gens qui regardaient le concert pour Nelson Mandela et sur ce qu’ils penseraient des groupes africains. La moitié d’entre eux étaient là pour voir Simple Minds et l’autre moitié était de vrais voyous. Je n’ai pas aimé tout ça. Je ne voulais pas me faire de promotion, je voulais faire quelque chose qui n’avait rien à voir avec ce que j’étais en train de vendre. Je ne voulais pas de chansons politiques car ça ne serait pas passé venant de moi. Alors j’ai pensé que la chose la plus politique que je pouvais faire était de chanter 3 chansons soul d’artistes qui m’avaient influencé : Stevie Wonder, Marvin Gaye et Gladis Knight. Beaucoup de gens m’ont critiqué et ont dit qu’ils s’étaient ennuyés et auraient préféré entendre « Father figure » ou « One More try », peu de gens pensaient que c’était une bonne idée.

 

Je n’ai jamais eu ce sentiment de solitude pendant les tournées de Wham !.Cela vient en partie du fait que c’est très long mais je pense que même  plus court, ça n’aurait rien changé. Parce que c’était beaucoup plus intense quand je le faisais avec Andrew. Andrew et moi, nous partagions les dressing rooms, nous allions partout ensemble, nous sortions la nuit ensemble. C’est beaucoup plus sérieux quand on est seul que quand on est un groupe. Je l’ai beaucoup ressenti, très vite  et j’ai réalisé que je devais me protéger. Il y a de l’isolement quand on fait une tournée, même si on est un groupe, mais c’était la 1ere fois que j’en prenais conscience, la 1ere fois qu’Andrew me manquait d’un point de vue professionnel.

Il y a des fois ou j’apprécie une certaine forme de pouvoir, mais à petite dose. Il y a un énorme sentiment de pouvoir en tournée, ce qui peut être très génant. Pour les musiciens et pour toute l’équipe, je suis l’employeur. Je n’aime pas être le patron,  je n’aime pas entendre les gens parler et me demander ce qu’ils ont vraiment envie de dire. Je n’aime pas prendre une décision sur le son ou sur les lumières, que je sais juste, et je sais que les autres pensent que j’ai tort. Si j’ai raison ou tort, ils disent juste ok. C’est une situation très inconfortable, et je déteste cette malhonnêteté forcée.

Comme sur toutes les tournées, les relations avec les musiciens et l’équipe vont de mieux en mieux en avançant. Mais j’ai vraiment la capacité de faire peur aux gens sans rien faire pour cela. Une partie de cela est parce que je suis leur employeur mais aussi par cette barrière que l’on est obligé de maintenir. Je n’ai pas ce type de relation avec Deon mon bassiste ni avec Jake Duncan le responsable des tournées. Je travaille avec tous les deux depuis longtemps. Mais avec les musiciens, on ne trouve jamais des gens qui croient vraiment en ce qu’ils font. Si vous êtes cool, ils arriveront en retard aux répétitions et ils ne feront pas forcément de leur mieux. Le seul moment ou ils donneront leur meilleur, c’est si il y a cette barrière entre vous et eux, et qu’ils pensent que si ça ne va pas, ils seront virés. Je n’ai jamais eu à le faire.

Je n’ai jamais élevé la voix contre quiconque. Je ne me suis jamais battu avec qui que ce soit. Nous avons eu un membre de la tournée qui était plein d’héroïne plusieurs nuits et qui ne pouvait pas jouer, mais je ne lui ai jamais dit un mot. Le pire que je lui ai dit – et il savait qu’il était limite de partir-  c’est que j’allais lui faire confiance pour que cela n’arrive plus jamais.

J’ai essayé de compenser l’absence de personnes sincères autour de moi en faisant venir des amis sur la tournée quand ils ne travaillaient pas. Andros, David et Andrew sont tous venus me voir à différents endroits, mais ce qui était alarmant c’est que je ne pouvais pas communiquer avec eux. Andros et David sont venus ensemble à un endroit et la sécurité leur a dit ce qu’ils pouvaient ou ne pouvaient pas faire avec moi, que je devais être à tel endroit à telle heure, ou alors ils étaient blamés si je sortais avec eux après un concert et que ma voix était abimée le lendemain. J’ai du m’asseoir avec tout le monde pour mettre les choses au point, leur dire que j’avais décidé de sortir.

Et mes amis étaient nerveux avec moi, car même si nous étions très proches, c’était une atmosphère complètement étrange. Ils étaient habitués à être avec moi, sans sécurité, sans cris, et ils ont paniqués. J’avais déjà ma carapace avec tous ces gens en tournée et c’est très dur de la laisser tomber 10 secondes quand vous êtes avec vos amis. J’ai essayé de les rassurer, »je suis un peu bizarre, mais tout cela est dur à gérer  et je fais comme je peux en laissant mes émotions de côté « et je pensais vraiment que c’était temporaire, et que je n’allais pas craquer.

 

Quand vous faites une tournée aussi longue, votre vie est gelée. C’est une période d’absence pour moi. C’est ce que je déteste dans le concept de la tournée, c’est pour cela que je ne le ferai plus pendant si longtemps. Ca sort cette période de votre vie, et rien ne se passe. J’avais déjà eu le public criant sur mon passage et à ma vue mais jamais de cette façon, et jamais pour moi seulement. Mais au bout d’une semaine, on a tout compris. On n’apprendra rien de plus après. Oui, c’est super de le faire pour tous ces gens mais c’est un sacrifice total, on sacrifie tout. Rien ne se passe. Seule la tournée compte. On met nos émotions dans la glace. Il faut. On gèle toutes nos relations. Vous passez 10 mois avec des gens qui travaillent pour vous et il n’y a pas d’honnêteté. Ca vous monte à la tête et il n’y a personne pour vous dire que vous êtes un con. Tout le monde fait ce que vous dites. Votre parole est d’or et votre cœur de glace.

 

Chapitre 16 – 01/1989 à 01/1990

 

George

 

J’ai un caractère très fort mais je ne suis pas un surhomme. On doit connaître ses limites et savoir de quelle façon ce qui vous entoure peut vous changer. Je ne suis pas préparé à sacrifier ma vie pour mon égo. Je n’ai pas besoin de le faire maintenant. Il m’arrivait d’être très excité à l’idée d’être une star, mais je ne suis plus guidé par mes vieilles angoisses à présent.

En quelque sorte, il me semble que c’est comme si la célébrité avait été une distraction. Quand j’ai commencé à 16, 17 ans, je me voyais auteur et puis ma carrière a évolué vers quelque chose que je n’attendais pas. Après que « Careless Whisper » ait été écrit, j’ai dit à Andrew – quelqu’un quelque part va vouloir tirer de l’argent de ces chansons. Je n’étais pas convaincu que j’allais les chanter moi-même parce que je manquais de confiance en tant que chanteur et performeur et de toute façon je ne pensais pas que c’était ma vocation. Alors être célèbre – et toutes les choses qu’il faut faire pour le rester – me semble comme 6 années de distraction. Je n’ai pas envie d’être encore plus connu. C’est usant, cela prend trop de temps et d’énergie. Et ça m’est égal. Ce n’est pas une décision qui est triste. Personne ne doit se sentir triste par rapport à ça, parce que c’est une bonne chose, c’est une avancée positive. Je suis très heureux aujourd’hui et très confiant pour le futur. Je sais que si je continue à faire des tournées et à faire des clips vidéo, je ne pourrais plus donner aux gens ce qu’ils veulent pour très longtemps. Je ne crois pas être à un tournant, je peux juste remercier Dieu de toujours savoir ce que j’ai à faire après. Et ce dont je dois être sure maintenant, c’est que le talent que j’ai ne va pas disparaître comme n’importe quel artiste  n’ayant rien fait de spécial. Le business ne va pas m’assécher car je ne le laisserai pas faire.

Je me sens complètement positif sur tout ça. Ma vie va être plus équilibrée, ma musique va être meilleure. J’écoute mes nouveaux morceaux et je suis content. Je pense que c’est la meilleure chose que j’ai faite. Si c’était une sorte de retraite, ça s’entendrait dans ma musique.

Ce que je fais vraiment c’est prendre soin des choses importantes et me débarrasser du reste. Garder ce qui est bon et jeter les ordures. Comment cela peut-il être mauvais ?

 

L’écriture et l’enregistrement des chansons pour mes nouveaux albums est complètement différent de ce que j’ai pu faire dans le passé. J’ai compris la valeur thérapeuthique de faire des choses qui font parties de moi. J’étais nerveux d’en parler comme ça avant parce qu’il y a toujours ce côté anglais de ne pas trop se prendre au sérieux. Mais je crois sincèrement que la chose la plus constructive que je puisse faire maintenant est d’essayer d’être un bon auteur compositeur. Je ne crois pas l’être aujourd’hui. Mais je m’en rapproche. Le potentiel existe. Et la façon dont je vais y arriver c’est en prenant toute cette énergie gaspillée à essayer de devenir plus célèbre et plus populaire et de tout mettre dans mon travail. Je dois avoir le cran de prendre tout ce qu’il y a à l’intérieur de moi et de sortir tout ça.

 

J’étais capable de m’apitoyer sur mon sort  pendant de longues périodes de ma vie quand il y avait des choses qui n’allaient pas. Quand ça revient maintenant, je pense plutôt à ce que j’ai. Vous avez juste à traverser la rue pour voir le désespoir chez les gens, vous avez juste à regarder certains visages pour voir combien ils sont fatigués. On ne pas oublier ses problèmes mais je peux juste les comparer à ceux des autres et comprendre qu’ils ne sont pas si difficiles à gérer.

 

Je peux toujours être blessé mais j’essaye de garder ces sentiments à leur place, je ne les laisses pas m’envahir comme à une époque. Ces irruptions d’émotions et de faiblesse ont leur place. Je fais avec. Et faire avec est beaucoup plus facile pour moi que pour beaucoup d’autres personnes.

Les choses qui m’abattent – comme le manque de liberté ou avoir une bonne relation ou vouloir revoir une ancienne relation – peuvent seulement prendre une certaine partie de mon énergie ces jours ci, alors qu’avant, elles en prenaient presque tout.

Manifestement, ce qui manque dans ma vie, c’est une relation stable. Mais je ne me réveille pas en souhaitant partager ma vie avec quelqu’un. J’ai changé. Il y a 2 ou 3 ans, quand je voyais de jeunes gars avec leurs enfants dans les parcs, j’avais cette incroyable sensation d’envie. C’est parti. Je ne sais pas pourquoi mais c’est fini. Peut-être cela vient-il du fait de vivre seul pendant des années. A un certain moment de ma vie, ça m’aurait inquiété. Maintenant j’en suis au point ou je suis presque inquiet de ne plus y penser. Je me suis tellement habitué à une vie seul – depuis 5 ou 6 ans – que j’ai du mal à m’imaginer vivant avec quelqu’un, partager mon espace .

 

Je ne peux imaginer vivre avec quelqu’un. Je devrais normalement penser, c’est normal, on dit ça jusqu’à ce qu’on rencontre la bonne personne, mais j’ai le sentiment horrible qu’une partie de mon plaisir à vivre seul et que mon besoin d’intimité est beaucoup plus grand que chez la plupart des gens. Ca n’aurait pas d’importance si demain je rencontrai quelqu’un et tombait éperdument amoureux et que ce serait réciproque, mais je serai toujours George Michael pour cette personne. Et même si elle allait en dessous de ça, une partie d’elle me verrait toujours comme George Michael.

 

Et je ne le supporte pas. J’ai vraiment besoin d’être loin de George Michael la plupart du temps.